« C’est dans le laboratoire du Dr Olivier Delattre que nous avons entamé l’étude des cancers de primitif inconnu, des cancers très hétérogènes et compliqués d’un point de vue du diagnostic et du traitement, » explique Sarah Watson rattachée à l’unité Chimie Biologie des Cancers (CNRS UMR3666 / Inserm U1339).
Appelés cancers de primitif inconnu ou cancers d’origine inconnue, ils représentent entre 2 et 3 % des cas de cancer en France, soit environ 7 000 patients par an. Deux raisons expliquent la difficulté de prise en charge des patients qui en sont atteints : d’une part, ils sont détectés à un stade avancé, dès lors que la maladie s’est propagée sous forme de métastases, et d’autre part, les médecins peinent à identifier l’organe initialement touché, ce qui complique la détermination du traitement le mieux adapté.
En 2021, Sarah Watson et son groupe ont développé un outil diagnostic utilisant l’intelligence artificielle permettant de localiser l’origine de ces cancers en se basant sur leur profil moléculaire. « Cet outil n’est heureusement pas resté uniquement dans les laboratoires, mais a pu être intégré en routine clinique grâce à l’aide de la plateforme de Bioinformatique de l’Institut Curie dirigée par Nicolas Servant, et est désormais accessible pour tous les patients sur le territoire français ! Aujourd’hui, dans 70 % des cas, l’algorithme permet d’identifier un tissu d’origine et de proposer une prise en charge adaptée aux patients. » poursuit la chercheuse.
Parallèlement à ces travaux, Sarah Watson est responsable de la RCP (réunion de concertation pluridisciplinaire) nationale dédiée à la prise en charge de ces cancers rares, créée en 2020 à l’initiative du Pr Christophe Le Tourneau, chef du département d’Essais cliniques précoces et d’innovation (D3i) de l’Institut Curie. Ce rendez-vous d’experts implique de nombreux professionnels de santé spécialisés dans ces cancers rares (anatomopathologistes, biologistes moléculaires, oncologues). « La prise en charge thérapeutique d’un cancer de primitif inconnu est une urgence médicale, de nombreux examens sont à réaliser et doivent être effectués par des spécialistes de cette maladie complexe pour accélérer la mise en place d’un traitement adéquat, » précise Sarah Watson.
Cette RCP garantit une prise en charge optimale aux patients. Grâce aux informations recueillies, elle sert également de base à l’élaboration de projets de recherche qui permettront de proposer de nouvelles thérapies et de mieux comprendre la biologie de ces cancers.
« Mes travaux de recherche et mon implication dans la mise en place d’un réseau d’experts m’ont également rapprochée des patients et tout particulièrement de l’association Rock4Life, dont je suis la marraine, et qui joue un rôle majeur dans le soutien de nos projets. C’est un cercle vertueux qui illustre l’importance du dialogue entre recherche et médecine, » conclut Sarah Watson.
A propos de l’Institut Curie
L’Institut Curie, 1er centre français de lutte contre le cancer, associe un centre de recherche de renommée internationale et un ensemble hospitalier de pointe qui prend en charge tous les cancers y compris les plus rares. Fondé en 1909 par Marie Curie, l’Institut Curie rassemble sur 3 sites (Paris, Saint-Cloud et Orsay) 3 800 chercheurs, médecins et soignants autour de ses 3 missions : soins, recherche et enseignement. Fondation reconnue d’utilité publique habilitée à recevoir des dons et des legs, l’Institut Curie peut, grâce au soutien de ses donateurs, accélérer les découvertes et ainsi améliorer les traitements et la qualité de vie des malades.
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